J'ai mis du temps à comprendre.
Comprendre que rien ne sert de hurler, de se plaindre, de se couper en quatre... de se justifier...
Une conversation, puis deux. On me dit que c'est inutile de me justifier.
Mais j'ai simplement refusé de voir; une volonté de rester sourde en quelque sorte.
Une conversation animée, puis deux, puis une autre; puis leurs mots, et enfin, un déclic.
J'ai mis du temps à comprendre.
Mais ça y est, c'est bon. Stop. Je suis fatiguée. Fatiguée de me battre, fatiguée de me défendre, fatiguée de parler dans le vide.
J'ai cru un instant que ma dignité, mon image, serait sauve si je "leur disais"; que je n'aurais qu'à "leur expliquer", "leur montrer".
Mais la vérité, c'est qu'il n'y a rien à expliquer. Rien à prouver.
Pendant un moment, j'ai douté, je n'ai plus compris, j'ai voulu effacer cette étiquette accusatrice qu'on m'avait collée de force. J'ai lutté, j'ai mendié mon intégrité, cet amour-propre qu'on m'avait volé.
Aujourd'hui, je sais ce qui est vrai, ce que j'ai fais, ce qu'il a fait, ce que je regrette, ce que je dois accepter et refuser. Je ne vais plus faire d'arrêts, éviter les ralentissements. Une vie m'attend, même si certains pensent le contraire et la considèrent comme gâchée.
C'est dur, parce que j'espérais l'avoir à mes côtés. Mais qui sait, demain n'est pas si loin et entretient l'espoir d'un possible changement, malgré son masque... Quoiqu'il en soit, le meilleur reste à venir.
Vous dîtes que je suis "immature", "irresponsable", "inconsciente", ou encore "égoïste". Ce sont vos jugements.
Pensez ce que vous voulez, dans tous les cas rien ne changera.
Ce bébé ? On dit que je l'ai "prémédité". Au début ça m'offusquais, maintenant j'en ris. Dix-huit ans, tout juste étudiante : que ça à foutre que de chercher à piéger mon copain ! Qui plus est, les gens parlent, ils parlent, mais pas un n'est au courant de la date de conception, même pas le père ! Pas un ne sait qu'en réalité, l'enfant n'a pas l'âge que l'on croyait. Alors comment oser prétendre quoique ce soit ? ^^"
Ce bébé, c'est une surprise, un imprévu, qu'aujourd'hui je ne me permettrais pas de "faire sauter".
C'est tout.
J'aime déjà cet enfant; j'aime ses minuscules bras et jambes, ces battements de coeur rapides, ce visage qui se crée, que je crée, au fil du temps. Maintenant que ce p'tit bout d'amour de quatre centimètres loge dans mon ventre, pour rien au monde je ne ferais marche arrière. Critiquez comme il vous plaira de critiquer, ça m'importe peu. D'ailleurs, il sera toujours l'enfant de son père, bien que celui-ci fasse preuve d'un déni évident.
J'en profite d'ailleurs pour faire passer le message que : s'il y a, un jour, "un changement d'avis dans l'air", le papa pourra toujours venir voir son bébé. Ceux qui lui disent qu'il sera trop tard se trompent, car même dans 10 ans je ne compte pas l'empêcher de le voir, et ce quelque soient les faits passés.
Enfin, qu'on me traite d'égoïste parce que je le condamne mon enfant à la souffrance de l'absence d'un père, au lieu de "le faire partir", c'est infondé, presque stupide. Beaucoup de familles mono parentales, malgré des départs difficiles, vivent dans l'amour. D'autres, à l'inverse, ont un père et une mère, mais sont malheureux, parce que privés de ces liens, de cette force. Comme quoi, il n'y a aucune certitude. Le bonheur n'obéit pas à une loi, ni à un schéma.
Quoiqu'il en soit, aucun reproche ne me culpabilisera au point de lui enlever la vie. Avorter par peur, par culpabilité, par pitié serait inacceptable. Là serait le véritable acte d'égoïsme : ne penser qu'à moi, et "virer l'intrus".
Il l'a obtenu, ce bout vie. Il le garde. Et je ferai de mon mieux pour lui offrir le meilleur.
Fini les justifications. Merci à ceux qui m'encouragent, ainsi qu'à ceux qui respectent même s'ils ne sont pas d'accord. C'est là qu'on reconnait les raisonnements d'adultes.
Quant à ceux qui médisent, et crachent leur venins, se chargeant de ternir mon image et celle de mon (de son) bébé, je les emmerde. █
PS : Pour ceux qui m'ont demandé : oui, je continue mes études, et j'aime ce que je fais. Si je vais réussir ? On verra ^^. Et puis si je rate, rien n'est insurmontable. La vie ne s'arrête pas :) ... Il y a pire, non ? ;)